La ferme aux cailloux (Yonne)

Une ancienne ferme conventionnelle. Ils sont deux : l’un a repris l’exploitation céréalière en la convertissant au bio. Il cultive 180 ha de céréales en agriculture biologique avec labour. Il stock une partie de la récolte sur place en silo. L’autre cultive 2,5 ha en maraîchage. Il fournit ainsi trois AMAP (soit au total une centaine de paniers par semaine), l’une directement à la ferme, l’autre dans un village proche par le biais des réseaux de parents dans une école et la troisième à Paris. Ici pas de woofer, il est en grande majorité seul à travailler. Pour certaines tâches, il fait appel aux adhérents des AMAP : ramassage des pommes de terre, désherbage… Des weekend de travail  sont organisés, c’est aussi le moyen pour les adhérents de découvrir le lieu.

Techniques : la terre est travaillée au tracteur et certains semis le sont aussi. Pour limiter les mauvaises herbes, il couvre les sols de bâches en fibre de maïs pour des légumes comme les courgettes, céleris etc. Les légumes types carottes sont eux, désherbés à la main.


Il cultive des variétés anciennes ou peu communes, par exemple une dizaine de variété de tomates. Il est intéressant de noter que cette diversité n’est malheureusement pas forcément appréciée des consommateurs : quand ils achètent des tomates en plus de celles du paniers, la majorité d’entre eux se tournent vers la variété classique (ronde et rouge). On voit ici à quel point les consommateurs sont formatés par l’habitude de légumes calibrés, la nouveauté et l’originalité n’attirent pas toujours (ce qui est d’autant plus surprenant quand on sait que ce sont justement les autres tomates, pour garder cet exemple, qui sont les plus goûteuses).

Pour éviter de jeter des légumes et pour optimiser la conservation, ils ont une chambre frigorifique. Le principe même de l’AMAP permet de jeter moins de légumes : on se soucie moins du calibrage et de la perfection. Cependant, le maraîcher ne se permet pas de livrer des légumes qui auraient des défauts ou qui s’abîmeraient rapidement. Il y a donc un peu de rebuts, mais dans une proportion infime comparée à la moyenne des producteurs : en moyenne, en France, 30% de ce qui est produit est directement jeté par les agriculteurs. Quand on sait que par la suite 30% de ce qui reste et qui est vendu est à son tour jeté (du conditionnement à la cuisine) on arrive à la conclusion suivants : la moitié de la nourriture produite est jetée. C’est à peu près la même proportion en moyenne dans le monde. Voilà qui donne à penser autrement le débat « comment nourrir tout un chac
un ». Remise en cause du dogme « produire plus pour nourrir plus de personnes ».

Publicités
Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s